Traiter les remontées capillaires soi-même : ce qui marche vraiment

13 septembre 2026 5 min de lecture

Mur couvert de salpêtre avec enduit qui s’effrite par le bas
Publié le 13 septembre 2026 par Briqverne Maëlora

Salpêtre en bas des murs, peinture qui cloque sur une bande régulière, plinthes qui pourrissent : les remontées capillaires coûtent cher quand on les confie entièrement à une entreprise. Une partie du traitement est pourtant à la portée d’un bricoleur soigneux. Voici ce que vous pouvez faire vous-même contre les remontées capillaires, ce qui fonctionne vraiment, et les limites à ne pas dépasser.

Si vous découvrez le phénomène, commencez par notre dossier pour comprendre les remontées d’humidité par capillarité.

Étape 0 : confirmer qu’il s’agit bien de remontées capillaires

Beaucoup de murs traités « contre les remontées » souffraient en réalité de condensation ou d’une infiltration. Vérifiez trois points :

  • l’humidité est maximale au ras du sol et diminue en montant, jusqu’à une limite assez nette ;
  • elle est présente toute l’année, y compris par temps sec ;
  • le test de la feuille d’aluminium montre de l’eau côté mur.

La méthode complète est dans notre guide pour tester l’humidité d’un mur.

Les solutions à faire soi-même, par ordre de priorité

1. Réduire l’eau au pied du mur

C’est gratuit ou presque, et souvent sous-estimé : éloigner les descentes de gouttières, abaisser la terre plus haute que le plancher intérieur, retirer les jardinières et les dalles collées à la façade, créer une pente qui éloigne le ruissellement. Sur un terrain qui retient l’eau, envisagez un drainage périphérique.

2. Rendre au mur sa capacité à respirer

Un mur ancien évacue naturellement une partie de son eau par évaporation. Les enduits ciment, peintures plastiques, papiers vinyle et doublages collés bloquent ce mécanisme et font monter l’humidité plus haut. Retirez-les sur toute la zone touchée, et environ 50 cm à 1 m au-dessus.

Bas de mur marqué par des remontées capillaires, enduit taché et décollé

3. Créer une barrière étanche par injection

C’est le traitement de fond le plus répandu, et il existe en kits pour particuliers. Le principe : injecter dans le mur un produit hydrofuge (généralement une crème ou un gel à base de silanes et siloxanes) qui tapisse les pores du matériau et forme une coupure horizontale que l’eau ne franchit plus.

  1. Repérer la ligne d’injection : une ligne horizontale d’environ 10 à 15 cm au-dessus du sol, la plus basse possible tout en restant au-dessus du niveau du terrain extérieur.
  2. Percer des trous alignés, généralement de 12 mm de diamètre, espacés de 10 à 12 cm, sur environ les deux tiers de l’épaisseur du mur. Sur un mur de pierres irrégulières, percez dans le joint de mortier, qui est le chemin continu de l’eau.
  3. Dépoussiérer les trous à la soufflette.
  4. Injecter le produit au pistolet en partant du fond du trou, selon la quantité indiquée par le fabricant pour l’épaisseur du mur.
  5. Traiter tous les murs touchés en continu, y compris les angles et les murs de refend qui partent du mur traité : une interruption laisse passer l’eau.
  6. Reboucher les trous au mortier après le délai prévu.

Pour les murs de plus de 45 à 50 cm, on perce souvent des deux côtés. Les maçonneries très creuses (blocage de pierres et de terre) retiennent mal le produit : c’est le cas où un avis professionnel est le plus utile.

4. Laisser sécher, puis enduire à la chaux

La barrière arrête l’eau qui monte, mais le mur doit évacuer celle qu’il contient déjà. Laissez-le à nu plusieurs mois, en aérant et, si besoin, avec un déshumidificateur. Brossez à sec les sels qui ressortent. Refaites ensuite un enduit à la chaux naturelle, éventuellement un enduit de sacrifice sur les murs très chargés en salpêtre, et une finition perméable à la vapeur.

Les solutions à éviter ou à considérer avec prudence

  • Peintures et enduits « anti-humidité » étanches : ils masquent le problème et le déplacent plus haut.
  • Doublage collé ou plaque de plâtre contre le mur humide : le mur continue de se dégrader derrière.
  • Boîtiers électroniques ou « magnétiques » vendus sans travaux : leur efficacité reste très discutée et rarement démontrée de façon indépendante. Exigez des mesures avant et après, et un engagement de résultat écrit.
  • Siphons ou tubes d’assèchement dans le mur : résultats variables selon les maçonneries.
  • Absorbeur d’humidité : il assèche un peu l’air, jamais un mur alimenté par le sol.

Soi-même ou professionnel : comment choisir

SituationFaire soi-mêmePasser par un pro
Quelques mètres de mur en brique ou parpaingOui, avec un kit d’injectionPas indispensable
Mur en pierre épais, maçonnerie creusePréparation et enduitsPour le diagnostic et la barrière
Cave ou sous-sol enterréGestion de l’eau extérieureRecommandé
Toute la maison touchée, bois pourris, fissuresNonOui, après un diagnostic indépendant

Avant de signer, faites établir un diagnostic humidité par un intervenant qui mesure et chiffre plusieurs options, plutôt que par un vendeur d’une seule solution.

Questions fréquentes

Peut-on traiter les remontées capillaires soi-même efficacement ?

Oui, dans de nombreux cas : gestion de l’eau au pied du mur, suppression des enduits étanches, injection d’une barrière hydrofuge en kit et enduit à la chaux. Le résultat dépend surtout de la rigueur de l’injection et de la patience pendant le séchage.

Combien de temps après une injection le mur est-il sec ?

Comptez plusieurs mois, souvent de six mois à un an pour un mur épais, selon le matériau, l’épaisseur et l’aération. Mesurez régulièrement avant de refaire les finitions.

Quel est le meilleur traitement pour un mur intérieur ?

Il n’existe pas de traitement unique : la barrière par injection est la plus courante, mais elle doit s’accompagner d’un mur qui respire et d’une bonne gestion de l’eau extérieure. Sur un mur intérieur, commencez par retirer tout revêtement étanche.

Et pour un sous-sol ?

Les murs enterrés reçoivent l’eau par le côté autant que par le bas. Le drainage, la ventilation et parfois un cuvelage comptent autant que la barrière horizontale. Un avis professionnel est conseillé.

Briqverne Maëlora

Passionnée par la rénovation durable, Maëlora Briqverne est spécialiste en aménagement intérieur et bricolage créatif avec plus de 12 ans d'expérience sur des projets de maison. Formée aux techniques de menuiserie et d'éco-restauration, elle aime partager astuces pratiques et idées déco faciles à réaliser.